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11 septembre 2001 : 19 ans de démocratie… Déjà !

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L'attentat terroriste le plus meurtrier de l'histoire des États-Unis

L e détournement de quatre avions de ligne et l'écrasement de trois d'entre eux contre des cibles déterminées préalablement - le World Trade Center, le Pentagone - provoquent la mort d'environ 3 000 personnes. Il s'agit de l'attentat terroriste le plus meurtrier de l'histoire des États-Unis.

L'opinion mondiale est secouée par cet audacieux attentat exécuté par 19 terroristes, la plupart originaires d'Arabie Saoudite, le matin du 11 septembre 2001. Un détournement avorté se solde par l'écrasement d'un avion de ligne dans un champ de la Pennsylvanie, alors que les trois autres appareils touchent leurs cibles, soit le Pentagone (Washington) ainsi que les deux tours du World Trade Center (New York). En tout, environ 3 000 personnes perdent la vie. En état de crise, le gouvernement américain adopte des mesures de sécurité accrues, notamment dans le but de contrôler l'espace aérien. De retour à Washington, le président George W. Bush s'adresse au peuple américain, l'exhortant à reprendre la vie normale. Le gouvernement entreprend également une série d'initiatives afin de débusquer et de neutraliser les instigateurs présumés des attentats, le groupe terroriste Al-Qaïda - « la base » - dont le leader, le Saoudien Oussama Ben Laden, se terrerait en Afghanistan. Dans les jours qui suivront, messages d'appui et dénonciations du terrorisme afflueront des quatre coins du globe

 

L'attentat dans dans les médias

Claude Lanzmann, « The Disaster »

«...Ce fut un événement inouï, inhumain, haïssable, qui ne souffre pas qu'on le condamne obliquement, au passage, en une génuflexion hâtive, comme pour s'en débarrasser au plus vite et revenir obscènement aux vieilles antiennes. Je ne crois pas, moi non plus, que les bombardements sur l'Afghanistan soient la réponse appropriée et suis d'autant plus à l'aise pour l'écrire que j'ai été parmi les minoritaires qui dénoncèrent les « frappes » contre la Serbie. Mais ceux qui après un pareil crime, un tel meurtre de masse, un désastre qui porte atteinte à l'humanité entière, s'empressent de proclamer qu'ils ne sont « pas américains » ou semblent renvoyer dos à dos les tueurs et les victimes, cherchant des justes raisons à l'injustifiable, se mettant à battre leur coulpe et la nôtre (...) , ceux-là, c'est le moins qu'on puisse dire, sont incapables de diriger sur l'horreur un regard frontal, se réfugient dans la pire frivolité à l'instant même où ils prétendent penser et, quoi qu'ils en aient, légitiment le terrorisme. »

Les Temps modernes (France), septembre-octobre-novembre 2001, p. 2.

Joseph Maïla, « L'attentat vu par l'islam »

«...Guerre des civilisations, donc ? Non, car un réseau terroriste n'est pas une civilisation. Des actions planifiées dont la brutalité le dispute à l'intelligence mise à les élaborer ne sauraient durablement annexer pour s'en servir ni une civilisation (laquelle, d'ailleurs ?) ni une religion. Mais une guerre à forte connotation culturelle demeure possible, si l'Occident, meurtri et humilié, se décidait à bâtir la coalition des justes et des purs contre un monde de « sauvages » et de fanatiques. Or, l'action terroriste menée par une poignée d'hommes conduits par un cerveau cynique et malfaisant n'aura nécessité, hormis sans doute des complicités éparses, l'aide d'aucune armée, n'aura mobilisé aucun peuple et n'aura eu recours ni aux moyens sophistiqués, ni aux techniques avancées de destruction de masse des États modernes. L'attaque contre les États-Unis reste donc limitée, cernée, restreinte à des groupes, des réseaux et des individualités. Il faut la combattre à ce niveau, son niveau. Généraliser la riposte ou la construire comme une réponse à une menace universelle, c'est transformer un défi particulier en une guerre universelle. Et lui assurer par le mimétisme des émules une inutile pérennité. »

Esprit (France), octobre 2001, p. 66.

Subhi Hadidi, « Oussama Ben Laden ou la fabrication d'un monstre »

«...En dernière analyse, il apparaît qu'Oussama Ben Laden est loin d'être un terroriste ordinaire. Il n'est assurément pas non plus un assassin classique comme on en voit dans les westerns. L'affichette commandée par Bush exigeant sa tête « mort ou vif » ne peut que susciter l'ironie et la compassion à la fois. C'est ignorer que Ben Laden représente un phénomène politique, religieux et culturel extrêmement complexe dont il convient d'étudier les racines plutôt que de s'arrêter superficiellement devant ses manifestations. C'est, tout compte fait, un monstre créé par les États-Unis pour détruire leurs ennemis et qui s'est retourné contre eux pour les combattre avec tous les moyens technologiques sophistiqués qu'ils lui ont appris à utiliser. »

Le Nouvel Afrique Asie (France), octobre 2001, p. 13.

Éditorial

«...The day we always dreaded, but never really expected, arrived yesterday. America's sense of security had not been shaken like this since Dec. 7, 1941, when Japanese planes swarmed into Pearl Harbor to drop bombs on U.S. warships. If anything, this attack was even more brazen. (...) Americans have had something of a charmed existence in the past half century. A period of sustained peace and prosperity created an illusion of invulnerability. Americans did not really get an in-your-face reminder of the dangers of the modern world until they traveled to countries where security can be an everyday obsession and no one thinks about the sight of an officer with a machine gun strapped on his shoulder. In this country, even after the 1995 Oklahoma City Federal Building bombing by a domestic lunatic that killed 168 people, the concept of a foreign "terrorism threat" on our shores was mostly an abstraction. Until yesterday. »

San Francisco Chronicle (États-Unis), 12 septembre 2001.

Éditorial

«...Nothing will ever be quite the same again. From now on everything will be either "before" or "after". From this day forward everything will be seen through the prism of terrorism and our nation's vulnerability. (...) For in the days ahead it is our very way of life that will be called into question. It is the freedoms that we value most that will come under more pressure than we could ever imagine. Yesterday we were a nation quite literally immobilized by fear as airline traffic was halted for the first time in our history. But that was yesterday. Today it is our job to pick up the pieces - to grieve for the victims, to help heal the survivors, to hunt down those responsible and make them pay, pay dearly for this horror. Yesterday we as a people paid a terrible price for the gift of living in a free and open and democratic society. But if we lose sight of that gift, and of those values we still hold dear, then the terrorists will have truly won. And that we must never allow. »

The Boston Herald (États-Unis), 12 septembre 2001.

S'en suivent 19 ans de mesures sécuritaires

  • 11 septembre 2001La stupeur

    Quatre avions sont détournés par des terroristes du réseau djihadiste Al-Qaida. Deux s'écrasent sur les tours jumelles du World Trade Center à New York, un troisième sur le Pentagone à Washington, lieux hautement symboliques de la puissance américaine. L’attentat fait plus de 2900 morts et 6200 blessés. Peu habitués à être attaqués sur leur sol, les Etats-Unis sont sous le choc. L’effondrement des tours est suivi en direct par tous les médias du monde.

    Quelques heures plus tard, le président américain George Bush déclare «la guerre contre le terrorisme» et instaure des mesures préventives et répressives. Les Etats-Unis s’engagent dans un combat à durée indéterminée contre un ennemi inconnu, suivis de près par les pays européens. Au nom de la sécurité, bon nombre des libertés des citoyens seront sacrifiées.

    La matinée du 11 septembre, au-delà de l'imagination

  • 26 septembre 2001Avec l'USA Patriot Act, l'ère du soupçon est ouverte

    En réponse à ces attaques, George Bush lance le Patriot Act et étend considérablement le pouvoir des services secrets américains. Le FBI est autorisé à fouiller dans les données personnelles, fiches médicales, impôts, relevés bancaires de tous les citoyens sans avoir à se justifier. La NSA (Agence nationale de sécurité) a la possibilité de placer sur écoute tout citoyen américain sans mandat préalable. Le gouvernement peut faire emprisonner quiconque, indéfiniment et sans procès. Le camp de Guantanamo est utilisé pour séquestrer les terroristes supposés. Selon plusieurs témoignages, les détenus sont soumis à diverses tortures au cours de leurs interrogatoires.

    Le Patriot Act devait durer quatre ans, mais il a été reconduit régulièrement par le Congrès. En juin 2015, il devient le Freedom Act. Grâce aux révélations de l’ex-analyste de la NSA Edward Snowden, les données téléphoniques des Américains ne sont plus collectées. Celles des étrangers en revanche, le sont toujours.

    Les écoutes de la NSA timidement limitées

  • 13 juin 2020L’UE homogénéise ses lois anti-terroristes

    L'Union européenne emboîte le pas à l'administration Bush et établit des règles communes pour lutter contre la menace terroriste. En un temps record, tous les pays de l’UE adoptent des sanctions en cas de comportement portant «gravement» atteinte à un pays. Cette notion de «gravité» n’est pas définie, ce qui fait l’objet de nombreuses critiques par les organismes de défense des libertés publiques.

    Autre révolution juridique: l’instauration du «mandat d’arrêt européen». Une personne ayant commis un délit grave dans un pays de l’UE peut être renvoyée dans son pays d’origine pour être jugée rapidement. Ce mandat remplace la procédure d'extradition, qui imposait à chaque pays de reconnaître officiellement la demande de remise d'une personne.

    Les règles européennes encadrant les infractions terroristes

  • 11 mars 2004L’Espagne ne durcit pas ses lois suite aux attentats de Madrid

    Survenu deux ans et demi après le 11-Septembre, l'attentat de Madrid est le plus meurtrier d’Europe. Des terroristes d’Al-Qaida posent dix bombes dans les transports publics, faisant 191 morts et plus de 1800 blessés. Contrairement à la tendance européenne, l'Espagne n'adopte aucune législation augmentant les pouvoirs des services secrets. Pourtant, une loi espagnole de 1981 autorise ce genre de pratique grâce à la mise en place d’un «état d’exception». L’Espagne préfère ne pas l’activer et augmente de 35% ses effectifs dédiés au renseignement et à la lutte contre le terrorisme.

    Les enquêteurs espagnols auraient identifié le cerveau des attentats de Madrid

  • 7 juillet 2005L’Angleterre réagit aux attaques de Londres avec le Terrorism Act 2006

    Les transports londoniens sont touchés par une série de quatre attentats suicides faisant 52 victimes. En réponse à ces évènements, le premier ministre Tony Blair met en place le Terrorism Act 2006. C'est la première fois qu'une loi instaure la notion d’«encouragement au terrorisme»: si une «personne raisonnable» peut conclure qu’une déclaration l'incite au terrorisme, et cela indépendamment de l'intention de l'orateur, ce dernier peut être accusé de terrorisme.

    Le Terrorism Act 2006 en détail

    Ces attentats intensifient le contrôle des flux migratoires. Le lendemain de l'attaque, le gouvernement français annonce la généralisation du visa biométrique. Ce type de passeport contient les empreintes digitales des citoyens, ce qui le rend difficilement falsifiable.

  • 23 janvier 2006La France étend la surveillance d’Internet

    Instaurée par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, la loi du 23 janvier permet à l’Etat français de contrôler Internet sans entamer de procédure judiciaire. Les opérateurs télécoms et les fournisseurs d’accès internet sont contraints de conserver les données des utilisateurs pendant un an, tout comme les établissements publics tels que les cybercafés. Ce point a fait l'objet de nombreuses contestations. La loi développe également la vidéosurveillance en multipliant les caméras dans les lieux publics.

    La loi n° 2006-64 relative à la lutte contre le terrorisme

  • 2015Frappée par une série d'attentats, la France proclame l'état d'urgence

    Le 7 janvier, huit membres de la rédaction de Charlie Hebdo sont fusillés par des terroristes d’Al-Qaida. Deux jours plus tard, une prise d'otages dans le magasin Hyper Casher à Paris fait quatre victimes. Le 13 novembre, une série de fusillades et d’attentats suicides revendiqués par l'Etat islamique tue 130 personnes à Paris.

    Dans la nuit du 13 au 14, le président François Hollande proclame l’état d’urgence. Dans la foulée, il suspend la participation de la France à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) afin de se prémunir contre d’éventuelles condamnations. Il déclare le pays «en guerre», ce qui lui vaut de nombreuses comparaisons avec le discours post-11-Septembre de George Bush. La surveillance aux frontières est renforcée et les rassemblements interdits. De nombreuses perquisitions sans autorisation préalable d’un juge ont lieu. Suite à l’attentat survenu à Nice le 14 juillet 2016, l’état d’urgence est prolongé jusqu'en janvier 2017.

    Parallèlement, en mai 2015, le Sénat adopte la Loi sur le renseignement qui renforce encore la surveillance de l'Etat sur Internet. La captation de données informatiques n'est désormais soumise à aucun contrôle judiciaire.

    Les attentats de Paris ont définitivement tué la vie privée sur Internet

  • 22 mars 2006La Belgique, touchée par le terrorisme, instaure des mesures

    Des kamikazes provoquent une explosion à l’aéroport de Bruxelles et dans une station de métro. Une trentaine de personnes perdent la vie et plus de 270 blessés sont recensés. Suite à cette attaque, trois mesures sont mises en place par le gouvernement belge: la possibilité de procéder à des perquisitions 24 heures sur 24, la création de banques de données communes aux organismes de lutte contre le terrorisme et la conservation des données relatives aux écoutes téléphoniques et au trafic d’armes.

    La Belgique s'estime toujours menacée

  • 14 avril 2006Le PNR, nouvel outil antiterroriste, est adopté par le Parlement européen

    Le Registre européen des données des passagers aériens, plus connu sous son acronyme anglais, Passenger Name Record (PNR), est adopté par les députés européens. Cet accord oblige à communiquer les informations des passagers aux autorités de surveillance avant l’atterrissage dans un aéroport européen. Ces données sont le nom, l’adresse, l’âge, le numéro de téléphone, le numéro de carte de crédit et l’itinéraire. L’objectif principal: traquer les djihadistes européens rentrant de Syrie. Chaque pays européen, dont la Suisse, avait déjà signé un accord PNR avec les Etats-Unis après les attentats du 11-Septembre.

    L’Europarlement adopte le PNR

  • Septembre 2006La loi suisse sur le renseignement prévoit l’extension du pouvoir des services secrets

    Le 25 septembre en Suisse, une nouvelle loi sur le renseignement sera soumise au vote. Les sondages anticipent un soutien massif. Cette mesure autorise la collecte des données personnelles dans le domaine privé, notamment en procédant à des écoutes téléphoniques et à des perquisitions. L’autorisation du Tribunal administratif fédéral est nécéssaire pour chaque nouveau cas. Des recherches pourront également être effectuées sur le réseau câblé dans les communications entre la Suisse et l’étranger, ce que critiquent vivement les opposants.

    La nouvelle loi sur le renseignement expliquée en trois minutes


 
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