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Les autorités du royaume viennent de casser l’un des tabous les plus tenaces en Arabie Saoudite

A lors que le débat sur le port du voile fait rage et son grand retour en France depuis quelques jours, cette information est passée totalement inaperçue. Les rares sites qui en parlent essayent de faire passer cette information pour une fake news. Preuve en est ici avec cet article de 20 Minutes :

FAKE OFF : Les Saoudiennes bientôt libres de porter ou non un voile ? L'annonce circule sur les réseaux sociaux. Toutefois, le ministère de l'Intérieur du pays n'a pas ordonné un tel changement.

Plus loin dans ce même article, on nous explique plus en détail les sources permettant d'établir un tel démenti :

Contactée par 20 Minutes, l’ambassade d’Arabie saoudite n’a pas donné suite à nos sollicitations. L’authenticité du document a toutefois été démentie par Al-Marsd, un journal saoudien, qui s’appuyait sur des sources du ministère de l’Intérieur.

Nous vous laissons juger par vous même de la qualité de la « source ».

Peu convaincus par ce démenti, nous avons donc décidé de vérifier l'information directement à la source. Nous avons en effet la chance d'avoir des proches vivant dans la région que nous avons contacté. Ces derniers nous ont bien confirmé que cette information était juste.

Nous sommes donc désolés de vous le dire chers confrères de 20 Minutes, mais « fake off ».

On aura donc bien compris que les informations contradictoires à la propagande en cours, c'est comme le voile, elles ne sont pas désirées chez nous ! Allez, on reprend...

 

Les autorités du royaume viennent de casser l’un des tabous les plus tenaces en Arabie Saoudite

L e port du hidjab n’est plus une obligation pour les femmes saoudiennes et les étrangères vivant dans le pays. Le ministère de l’Intérieur fait savoir, dans une note, que dans le cadre des réformes entreprises dans le pays, « il a été décidé de lever l’obligation du port du voile dans l’espace public pour les femmes saoudiennes et les étrangères qui vivent dans le pays ».

Note du ministère de l'intérieur Saoudien


« Il faut dénoncer les membres de la police qui ne respectent pas cette décision, pour qu’ils soient sanctionnés de manière exemplaire »

Après avoir propagé, de longues années durant, l’islam radical et ses pratiques rigoristes dans le monde, l’Arabie Saoudite se débarrasse peu à peu de ce qu’elle considérait comme des « obligations religieuses ».

En effet, depuis l’arrivée au pouvoir du prince héritier Mohamed Ben Selmane (MBS), plusieurs décisions tendant à desserrer l’étau sur la société ont été prises, dont l’autorisation de la musique, l’ouverture de cinémas, les concerts et la conduite des véhicules pour les femmes.

Le port du voile dans l'histoire récente

 

En 1516, l'empereur ottoman, Selim Ier, impose le port du voile aux femmes de Syrie : noir et blanc pour les musulmanes, jaune pour les juives et rouge pour les chrétiennes 1.

En 1923, au Caire (Egypte), Huda Sharawi, présidente de l'Union féministe, et ses amies, qui reviennent du Congrès féministe mondial tenu en Italie, retirent leur voile et sont acclamées par le peuple.

Le 27 août 1925, Mustapha Kemal, président de la République turque, déclare (Discours dit "du chapeau" 8), entre autres : En certains endroits, j'ai vu des femmes qui mettent un bout de tissu, une serviette ou quelque chose de ce genre sur leur tête pour cacher leurs visages, et qui tournent le dos ou s'accroupissent sur le sol lorsqu'un homme passe auprès d'elles. Que signifie ce comportement ? Messieurs, la mère et la fille d'une nation civilisée peuvent-elles adopter ces étranges façons, cette posture barbare ? C'est un spectacle qui couvre la nation de ridicule. Il faut y remédier sur-le-champ ». En 1934, le droit de vote est accordé aux femmes mais le port du voile est prohibé dans les administrations et les écoles publiques ; il est déconseillé fortement dans tous les lieux publics. Nathalie Clayer, historienne à l'EHSS, explique : « Mustafa Kemal n'a jamais interdit la burka ; il y a eu à son époque des campagnes antivoile, menées d'ailleurs surtout au niveau local, sans véritable coordination, touchant surtout les élites. »

En 1928, les Afghanes et les Persanes peuvent se promener tête nue (le port du voile est facultatif).

Par décret royal du 21 mars 1935, Reza, Shah d’Iran, interdit le port du voile en public. A compter du 7 janvier 1936 (7 dey 1315), le voile est interdit en tous lieux, dans la rue comme dans les universités. Reza Shah demande à la reine et à ses filles, les princesses Ashraf et Shams, de donner l'exemple. La police iranienne arrache aux femmes réticentes le tchador traditionnel.

En mars 1979, l’ayatollah Khomeyni proclame que toutes les femmes travaillant dans l'administration doivent porter le hijab. Par la suite, des manifestations de proclamation de femmes des classes moyennes et hautes, contre le port du voile, alternent avec les manifestations de femmes traditionnelles, qui militent pour le respect de la tenue islamique. Par la suite, les commerçants sont invités à ne pas accepter les femmes sans foulard islamique, et finalement, pendant le printemps et l'été 1982, une campagne vigoureuse est lancée par les pasdaran pour faire respecter la règle dans chaque ville ou village.

Au Maroc, à l'avènement de l'indépendance en 1956, le roi Mohammed V demande à sa propre fille d'ôter son voile en public pour marquer la libération de la femme.

En Tunisie, le 10 janvier 1957, Habib Bourguiba<.b> interdit le port du hijab dans les écoles. Le décret 108, promulgué en 1981, interdit le port du voile dans l'administration publique et déconseille fortement aux femmes de le porter en public.

Au cours des dernières années de la guerre d'Algérie, les Français, sans grand succès, organisent des cérémonies de dévoilement collectif pour démontrer l'œuvre civilisatrice de la France en Algérie en faveur de l'émancipation des femmes algériennes.

En mai 2000, en Afghanistan, les talibans exigent des femmes (y compris les non-musulmanes) le port du voile.

En Syrie, le 18 juillet 2010, le ministre de l'Education supérieure publie le décret interdisant aux étudiantes des universités de porter la burqa ou le niqab.

Les autorités musulmanes du Kenya affirment qu'elles continueront à s'opposer à la décision prise par les évêques qui ont annoncé le 19 août 2011 que les élèves de leurs écoles catholiques ne sont pas autorisées à porter le hijab. « Si vous voulez envoyer votre enfant dans une école catholique, alors il faut en accepter les règles » déclare l'évêque Mgr Maurice Crowley, du diocèse de Kitale, lors d'une conférence de presse à Nairobi.

Le 17 juin 2015, le Premier ministre du Tchad, Kalzeube Pahimi Deubet, annonce que « le port de la burqa, ou tout autre système de port de turban où on ne voit que les yeux (...) est désormais interdit dans les lieux publics par mesure de sécurité, afin d'éviter la dissimulation d'explosifs ».

Le 9 janvier 2017, les autorités marocaines ont interdit lundi la commercialisation et la confection de la burqa dans tout le pays. La décision n'a pas été annoncée ni commentée par le ministère de l'Intérieur, mais ordonnée oralement ou par écrit aux commerçants.

Le 14 mars 2017, un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) estime qu'une entreprise peut interdire dans son règlement intérieur le port visible de signes religieux, politiques et philosophiques afin de poursuivre une politique de neutralité, sous certaines conditions : « L'interdiction de porter un foulard islamique, qui découle d'une règle interne d'une entreprise privée interdisant le port visible de tout signe politique, philosophique ou religieux sur le lieu de travail, ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion ou sur les convictions ». L'obligation de neutralité ne doit pas entraîner de désavantage pour des personnes adhérant à une religion ou à des convictions et doit être justifiée par un « objectif légitime », au travers de moyens « appropriés et nécessaires ».


 
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