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483 millions de subventions à la presse, s’ajoutant ainsi aux 840 millions d’aides déjà versées chaque année

L e 27 août est révélé l’octroi par le Président Macron d’aides à hauteur 483 millions de subventions à la presse, s’ajoutant ainsi aux 840 millions d’aides déjà versées chaque année. Cette annonce a été faite lors de la réunion de la mystérieuse Alliance de la Presse d’Information Générale qu’il a présidé.

La première image qui me vient est celle du Président Macron face à une soignante, à l’époque « pré-virus » durant laquelle le corps hospitalier était en grève, lui confirmant qu’il n’y avait pas d’argent pour les hôpitaux en souffrance et en cours de démantèlement. Ensuite j’ai pensé aux cacahuètes distribuées aux soignants et personnels ayant maintenu leur activité pendant le confinement malgré le danger. Au final, même ces cacahuètes n’ont pas été attribuées à tous pour des raisons de « critères d’attribution », la fameuse mention précédée d’une astérisque, toujours inscrite en caractères minuscules tout en bas de la dernière page.

Autre fait intéressant : les subventions sont aussi accordées aux presses de tout bord y compris gauche et droite radicales.

Mais qui est donc cette presse si généreusement aidée, et ce sans un bruit, sans manifestation, sans menace de fermeture ou de délocalisation ? Parmis les plus subventionnées : Libération, les Échos, Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, et bien d’autres qui, histoire d’ajouter une petite couche de vernis couleur scandale sur le tableau, appartiennent aux plus riches fortunes de France.


L’excuse de la
« transition digitale »

Mais pourquoi donc ont-elles besoin de ces centaines de millions d’euros sonnantes et trébuchantes ? Cette aide est justifiée par la transition numérique. Beaucoup d’entreprises ont fermé à cause de cette transition, et par défaut d’aide de la part de l’Etat, malgré leurs appels désespérés. D’autres ont réussi a survivre à cette transition sans aide. Toujours au sujet de cette fameuse « transition digitale » , rappelons que nous sommes en 2020, et que cette dernière est achevée depuis maintenant plus de 10 ans. La transition digitale est-elle vraiment la cause de leurs difficultés ? Ces médias sont-ils vraiment empêtrés dans leur passage au digital ?

 

Ne savent-ils pas se financer tout seuls, comme des grands ?

Preuve en est avec la difficulté à lire un article aujourd’hui : quel que soit le média, même subventionné, les pages sont criblées de publicités du début à la fin. C’est un véritable parcours du combattant qui nous attend aujourd’hui pour prendre connaissance d’une information, sans être coupé par une publicité de plus en plus intrusive, ou par une popup qui nous invite à nous inscrire pour recevoir toujours plus de pourriels dans nos boites mails. A ce sujet, n’est-ce d’ailleurs pas une explication probable au fait qu’aujourd’hui, beaucoup d’Internautes ne prennent même plus la peine de lire un article avant de le partager ? Le titre semble leur suffire. Parfois il est pourtant trompeur et ne reflète pas le contenu développé. Pardon, je m’étale, revenons en à nos « contre-pouvoirs ».

La presse mainstream est financée par de l’argent public alors qu’elle n’en a pas besoin. Vous avez dit « transition digitale » ? Nos impôts ne seraient-ils donc pas plutôt utilisés pour diffuser une propagande gouvernementale ? Cela ne va-t-il pas à l’encontre des intérêts d’un peuple souverain? Un comble non ? Plus c’est gros plus ça passe ?

Le Président Macron, le matin, devant son miroir lorsqu’il se rase, se rêve-t-il réélu ? Le presse l’ayant placé au plus haut rang pour son élection en 2017, n’aurait-elle pas réclamé une enveloppe supplémentaire pour assurer le prochain scrutin ?


 

Tous cela est-il bien légal ?

On peut légitimement se poser la question. Dans quel cadre cette affectation budgétaire des finances publiques a elle été votée ou validée ? Qu’en pensent la Cour des Comptes, la Commission des Finances Publiques, ou encore la Commission Européenne?

Les aides à la presse : exception française dans le paysage européen, voire mondial, une très mauvaise habitude archaïque et antagoniste à la démocratie. Très peu osent employer le terme, mais soyons fous, n’est-ce pas là de la « corruption » déguisée ? La France va à l’encontre d’avis contraires formulés par l’Union Européenne. Nos voisins sont à des années lumières (en avant) d’une telle pratique. Même la Russie de Poutine, pourtant décriée par chaque gouvernement, actuel et passé, et l’ensemble des médias nationaux, n’en fait pas autant pour la presse privée.

Un modèle qui s'effondre

La France était pour moi un modèle. Elle qui pourtant s’affiche comme un symbole de la démocratie dans le monde et dans le cœur de tous les français, cette France est en réalité devenue un état totalitaire. L’heure est immensément grave. Ce gouvernement fait dériver le pays à son niveau le plus bas, jusqu’à être la risée du monde.

Cette presse, qui se présente depuis toujours comme un « contre-pouvoir », « libre et indépendant », titrait unanimement, juste avant l’élection de 2017, sur la « France des assistés », entre quelques couvertures de réclame racoleuse en faveur de notre futur Président. Non, vous ne rêvez pas !

Laissez-moi rêver

 

Nul doute que cette affaire va être scrutée à la loupe par une brochette d’experts qui porteront ce scandale devant le Sénat et à la Cour Européenne de Justice. Nul doute encore, que l’on mettra un jour fin au financement des média par de l’argent public, et ce afin de garantir une fois pour toute leur indépendance. Nul doute enfin que les journalistes et les chefs de rédaction élèveront un jour la voix contre cette dictature de l’argent, qu’ils se dresseront haut et fort en brandissant le code de déontologie qu’ils ont juré de suivre en embrassant leur profession.

Je vous entend ricaner au fond, laissez-moi rêver !
J’en ai besoin au moment ou j’écris ces lignes.

Vous avez peut-être raison, ne rêvons pas. La presse dont on parle n’est aujourd’hui plus rien qu’un miasme de vulgaires journaux d’opinion au service d’une pensée unique. Est-ce pour cela qu’ils ne sont plus achetés ? Qu’ils ne sont plus lus ? Comme dirait l’autre, « la question, on y répond vite! Non ? »

Contrairement à ce que ces gens, dont nous parlons ici, s’imaginent encore en 2020, les français ne sont plus dupes. Ils savent lire, échanger, discuter, partager, se forger leur propre opinion, utiliser leur libre-arbitre. Mais ils le font maintenant ailleurs, avec leurs propres outils.

Il savent aussi créer et consulter des médias alternatifs, reprendre la main sur l’information, retrouver leur autonomie de penser. Une information libre, gratuite, et non subventionnée.

Chers faiseurs d’opinion, dansez donc tant que vous le pouvez encore.

Alya Nel, le 29 août 2020

 
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Pour approfondir

Les Nouveaux Chiens de Garde (Documentaire)
Les médias modernes aiment à se proclamer « contre-pouvoir. Pourtant la grande majorité appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir.


 
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